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DERIVE DANS LA PRESSE TOGOLAISE, LA HAAC TIRE LA SONNETTE D’ALARME

 Les cas de dérapages médiatiques se multiplient ces derniers temps dans l’environnement de la presse togolaise. L’illustration la plus récente de ces dérives est la plainte pour diffamation du ministre de l’Urbanisme, de l’habitat et de la Réforme foncière contre le journal L’Alternative. Le bihebdomadaire a écopé d’une suspension de parution de quatre (4) mois pour manquements professionnels et récidive. Cette sanction fait réfléchir jusque dans les rangs des organisations professionnelles de la presse qui ont sollicité et obtenu de la HAAC une rencontre d’échanges ce 9 février 2021, au siège de l’Institution à Lomé, pour mieux comprendre sa décision à l’endroit du bihebdomadaire.

« Ça été des échanges où chacun a pu dire ce qu’il pensait. Nous avons exprimé nos inquiétudes, la HAAC nous a écoutés, elle a à son tour, fait un diagnostic que nous ne récusons pas. Actuellement, la presse togolaise ne se porte pas bien, il y a beaucoup d’efforts à faire et nous allons nous battre pour respecter les textes qui régissent notre profession, nous l’avons reconnu. Mais nous avons estimé aussi que les sanctions qui tombent sont un peu trop lourdes pour les journaux qui sont quand-même des entreprises de presse, ne l’oublions pas » a déclaré le président de l’Observatoire togolais des médias (OTM), Fabrice PETCHEZI.

Au regard de la récurrence de la violation des règles qui encadrent la pratique du journalisme, la HAAC est allée au-delà des cas particuliers des journaux sanctionnés, pour recentrer le débat sur les fondements déontologiques et éthique du métier dont semblent s’écarter de plus en plus les professionnels des médias. L’institution à travers son président, tire la sonnette d’alarme« La récréation est terminée et certains journalistes doivent cesser de se considérer comme des intouchables qui ont le droit de piétiner impunément les règles du métier », a fait savoir   Pitalounani TELOU.

Pour le collège des membres de la HAAC, il faut absolument remettre la déontologie de la profession au centre de toute production médiatique quels que soient le format et la déclinaison. C’est pourquoi l’institution de régulation a exhorté l’ensemble des organisations des médias à sensibiliser davantage leurs membres pour une prise de conscience collective.

Cette posture de l’autorité de régulation a recueilli l’adhésion de ces organisations de la presse qui ont unanimement reconnu pour le regretter, les manquements professionnels dont se rendent de plus en plus coupables les journalistes, techniciens de presse ou auxiliaires des médias.

Au total une douzaine d’organisations de presse dont l’Observatoire togolais des médias (OTM), le Conseil national des patrons de presse (CONAPP) et l’Union des journalistes indépendants du Togo (UJIT) ont pris part à cette rencontre.

Ulrich AMEGA

 

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