MISE EN OEUVRE DE LA PREMIERE PHASE DU PROGRAMME DE REPARATION : DEUX MILLIARDS DE FCFA ALLOUES POUR INDEMNISER 2475 VICTIMES DES VIOLENCES DE 2005

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Le coup d’envoi de la première phase de la mise en oeuvre du programme de réparations des victimes des violences politiques de la période allant de 1958 à 2005 au Togo a été donné le vendredi 24 mars à Lomé.

Deux milliards de F CFA ont été mis à la disposition du Haut-Commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de l’Unité Nationale (HCRRUN) pour exécuter la première phase de ce programme conformément aux recommandations de la Commission, Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR). Cette phase ne concerne que les victimes vulnérables nécessitant des prises en charges médicales et la catégorie de celles dont le montant d’indemnisation est moins élevé.

Ce sont environ 2475 des 7075 victimes des violences de 2005 sur un total de 22415 auditionnées et recensées par la CVJR. Les indemnisations proprement dites se feront le moment venu, dans les pôles d’attraction de Kara, Atakpamé et Lomé pour permettre aux victimes de recouvrer la foi, la force et les motifs nécessaires pour reprendre leurs places dans la communauté nationale et apporter leur part à l’émergence d’un pays apaisé.
En prélude à la période d’indemnisation, le HCRRUN ira à la rencontre des victimes et des
populations de chaque préfecture afin de les informer et d’échanger avec elles sur le processus, notamment les formes de réparations (restitution, indemnisation, réadaptation, satisfaction, garantie de non-répétition) et le caractère symbolique desdites réparations. Il sera ensuite organisé en collaboration avec les confessions religieuses une semaine de purification de prière, de méditation et d’offrandes.

La cérémonie a été présidée par le premier ministre, Dr Komi Sélom Klassou en présence
de la présidente du HCRRUN, Mme Awa Nana-Daboya et d’autres personnalités.
Dr. Klassou, a à l’occasion exprimé sa compassion aux victimes, marquées pour le reste de
leur vie par les séquelles indélébiles des tragédies qu’elles ont vécues. Il a averti que la demande de pardon est la première des réparations. Il nous faut donc pardonner, a-t-il conseillé, car seul le pardon mutuel peut nous permettre de nous réconcilier, d’instaurer la concorde nationale et d’envisager l’avenir avec sérénité. Pour l’orateur, sans le pardon, la vie sera gouvernée par un cycle sans fin de ressentiments et de rancœurs.

Mme Awa Nana-Daboya a exprimé la volonté de son institution d’accomplir sa mission
avec objectivité pour qu’au vu des rapports financier et moral qui lui seront transmis, le
gouvernement consente de nouveaux efforts pour des allocations beaucoup plus importantes pour permettre au HCRRUN d’embrasser les réparations matérielles restantes. Elle a appelé l’opinion à considérer le caractère symbolique de la justice transitionnelle et à ne pas fixer seulement le regard sur les indemnisations pécuniaires.

ATOP/SAS/KYA