UNE THESE DE DOCTORAT INSISTE SUR L’APPROCHE INTEGREE DANS LA GESTION DES FEUX DE VEGETATION AU TOGO

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M. Afelu Barèremna a soutenu sa thèse de doctorat sur « La contribution à la gestion des feux de végétation au Togo » le vendredi 2 décembre à Lomé, en présence de nombreux invités dont le ministre de l’Environnement et des Ressources forestières, André Johnson.

Cette soutenance lui a valu le grade de docteur en écologie forestière de l’Université de Lomé (UL) avec la mention très honorable, sous réserve de la prise en compte des recommandations du jury de quatre membres présidé par le Pr. Gumedzoe Mawuena de l’UL.
Le thème qui porte sur un sujet d’actualité à savoir la gestion des feux de végétation au Togo a été jugé pertinent par le jury. Il a permis de mieux comprendre le comportement des feux et de localiser le phénomène pour mieux planifier sa gestion.

D’après l’impétrant, la mise à feu de la végétation est une pratique très courante en zone tropicale mais au-delà de certaines normes de brûlage, l’aspect utilitaire du feu est supplanté par son effet néfaste sur les écosystèmes. Au Togo précise-t-il, malgré les sensibilisations, des feux incontrôlés sont enregistrés chaque année sur une bonne partie du territoire. Aussi, son étude vise-t-elle à améliorer la compréhension et la gestion des feux de végétation.
Spécifiquement l’étude a permis dit-il, d’étudier la dynamique patiotemporelle des feux, d’évaluer les superficies réellement brûlées dans les trois aires prioritaires que sont le parc Oti-Kéran-Mandouri au nord-Togo, la réserve de la forêt d’Abdoulaye à Tchamba et la réserve de Togodo au sud du pays, de déterminer les paramètres d’évaluation du comportement des feux, d’évaluer les impacts des feux sur la biomasse et d’analyser le niveau d’efficacité de la réglementation des feux au Togo.

Il ressort de cette étude qu’entre 2003 et 2014, en moyenne 8.836 km2 ont été parcourues annuellement par les feux au Togo, soit 15,61% du territoire. Les superficies réellement brulées par ces feux avec des vitesses et des intensités impressionnantes sont de l’ordre de 2,8 fois plus importantes que celles détectées. Au total, plus de 16.015 tonnes de biomasse herbacée est perdue au niveau de la zone d’étude, soit plus de 8.008 tonnes de carbone rejeté.
L’étude révèle aussi que 80% des acteurs locaux sont peu informés de la réglementation des feux en dépit des sensibilisations d’où la répétition de ces feux de végétation avec des effets sur les changements climatiques, des dégradations de l’écosystème et des destructions de récoltes sources d’une
insécurité alimentaire.

Pour contrer ce phénomène, l’impétrant souligne que l’efficacité de la gestion des feux est tributaire d’une bonne compréhension de leur comportement et de l’appropriation effective par les acteurs des outils de prévention et de gestion. Aussi propose-t-il dans sa thèse de 177 pages, une approche intégrée de la gestion des feux pour rapprocher celle-ci du développement humain durable à travers l’intensification de la sensibilisation, l’alphabétisation, la réduction de la pauvreté et la responsabilisation des communautés locales avec une priorisation des actions en tenant compte des zones les plus touchées.

Selon le directeur de thèse, le Pr Kouami Kokou de l’UL, le sujet traité par M. Afelu est pertinent et a une portée nationale. Il précise que malgré les efforts du gouvernement dans la sensibilisation des populations sur les feux de végétation, plus 2/3 du territoire sont brûlés tous les ans. Il a souligné que
l’étude qui a requis l’adhésion du jury vient aider à mieux comprendre le phénomène et à maitriser les paramètres et les éléments indispensables à une meilleure planification de sa gestion.
Le Pr Kokou a souhaité l’appropriation des résultats de cette recherche par le gouvernement et surtout la traduction de ce travail scientifique en un français courant et accessible et aussi en langue locale pour faciliter la compréhension par les populations.
Pour le ministre Johnson, c’est une « grande » fierté de disposer de cadres compétents dans son département. M. Afelu dit-il, a un rôle important à y jouer en ce sens que c’est un professionnel qui maîtrise « parfaitement » son domaine. « Ces travaux contribueront à la mise en oeuvre d’une bonne politique de sensibilisation pour aider le gouvernement à faire face à ce problème important qu’est la gestion des feux de végétation », a-t-il souligné. Il a encouragé les autres agents à lui emboîter le pas.
ATOP/MEK/TJ